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  • Julien Encaoua

Traduction des recommandations du JOSPT sur la PEC des syndromes Fémoro-patellaires

Mis à jour : 12 oct. 2019

Les lettres correspondent aux niveaux de recommandations

Pour rappel:





A

Les cliniciens doivent utiliser la reproduction de la douleur rétropatellaire ou péri-patellaire pendant l’accroupissement comme test de diagnostic de la douleur fémoro-patellaire (PFP). Les cliniciens doivent également utiliser d'autres activités fonctionnelles qui chargent l'articulation fémoro-patellaire (PFJ) en position fléchie, telle que la montée ou la descente d'escaliers, comme tests de diagnostic du PFP.


B

Les cliniciens doivent poser le diagnostic de PFP en utilisant les critères suivants:

  1. la présence de douleurs rétropatellaires ou péripatellaires, position fléchie

  2. la reproduction de douleurs rétropatellaires ou péri-patellaires lors des mouvements accroupis, lors de la montée d'escalier, lors de la assise prolongée ou toutes activités fonctionnelles chargeant le PFJ en position fléchie

  3. exclure toutes les autres affections pouvant causer une douleur antérieure au genou, y compris une pathologie tibio-fémorale.  


C

Les cliniciens peuvent utiliser le "patellar tilt test" en présence d'hypomobilité pour étayer le diagnostic de PFP.


CLASSIFICATION

F

Étant donné l'absence d'un système de classification valide établi auparavant pour la PFP, le groupe de lignes directrices de pratique clinique propose une classification comprenant 4 sous-catégories associées à la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé.

Le système de classification proposé est basé sur des preuves publiées. Les sous-catégories sont nommées en fonction des déficiences prédominantes précédemment documentées chez les personnes atteintes de PFP. Les cliniciens peuvent envisager d'utiliser le système de classification du PFP proposé basé sur les déficiences/fonctions pour orienter la gestion des patients.


Sous-catégories de classification:


  1. Surcharge sans autre dégradation: une sous-catégorie de personnes atteintes de PFP peut ressentir de la douleur principalement en raison de la surutilisation / surcharge. La classification dans la sous-catégorie surutilisation / surcharge sans autre dégradation est établie avec un niveau de certitude raisonnable lorsque le patient présente des antécédents suggérant une augmentation de la fréquence de charge sur la PFJ à une vitesse qui dépasse la capacité des tissus de la PFJ. à s'en remettre (recovery).

  2. Déficits de performance musculaire: une sous-catégorie de personnes atteintes de PFP peut réagir favorablement aux exercices de résistance de la hanche et du genou. La classification dans la sous-catégorie de déficits de performances musculaires est établie avec un niveau de certitude raisonnable lorsque le patient présente des déficits de performances musculaires des membres inférieurs au niveau de la hanche et du quadriceps.

  3. Déficits en coordination des mouvements: une sous-catégorie d’individus atteints de PFP peut répondre favorablement aux interventions de rééducation de la marche et de rééducation des mouvements qui améliorent la cinématique des membres inférieurs et la douleur, suggérant l’importance d’évaluer le valgus dynamique du genou au cours du mouvement. Le diagnostic de PFP avec déficit de coordination des mouvements est établi avec un niveau de certitude raisonnable lorsque le patient présente un valgus du genou excessif ou mal contrôlé au cours d'une tâche dynamique, mais pas nécessairement en raison d'une faiblesse de la musculature des membres inférieurs.

  4. Déficience motrice: une sous-catégorie de personnes atteintes de PFP peut présenter des déficiences liées à des structures hypermobiles ou hypomobiles. Le diagnostic de PFP présentant des déficits de mobilité est établi avec un niveau de certitude raisonnable lorsque le patient présente des déficits de mobilité du pied supérieurs à la normale et/ou des hypoextensibilités d’au moins une des structures suivantes: ischio-jambiers, quadriceps, gastrocnémien, soléaire, rétinaculum latéral,bande iliotibiale.


Examen - Mesures de résultats: Limitations d'activités / Mesures d'auto-évaluation  

A

Les cliniciens doivent utiliser l’échelle de douleur: "Anterior Knee Pain Scale" (AKPS), la sous-échelle "Patellofemoral pain and osteoarthritis subscale of the Knee injury and Osteoarthritis Outcome Score" (KOOS-PF), ou la "visual analog scale" (VAS) pour l’activité ou enfin le Questionnaire Eng et Pierrynowski (EPQ) pour mesurer la douleur et la fonction chez les patients atteints de PFP.

De plus, les cliniciens doivent utiliser la VAS ou la NPRS pour:

- quantifier la douleur la plus intense, l

- quantifier la douleur habituelle

Les cliniciens doivent utiliser des traductions adaptées dont la validité, la fiabilité et la réactivité au changement sont démontrées pour les patients de différents pays et pour ceux nécessitant des questionnaires dans des langues autres que l'anglais.


Examen - Limites d'activité / Mesures de la performance physique

B

Les cliniciens doivent effectuer des tests cliniques ou sur le terrain appropriés qui reproduisent la douleur et évaluent la coordination des mouvements des membres inférieurs, tels que les mouvements "squatting", "step-downs", et "single-leg squats" . Ces tests permettent d’évaluer l’état initial du patient par rapport à la douleur, à la fonction et au handicap; fonction globale du genou; et les changements de statut au cours du traitement.


Examen - Limitation d'activité / Mesures de déficience physique  

C

Lors de l'évaluation d'un patient atteint de PFP au cours d'un épisode de soins, le clinicien peut évaluer la structure et la fonction corporelle, notamment les mesures/test de provocation rotulienne (patellar provocation test) , de mobilité patellaire, de position du pied, de force musculaire de hanche et de cuisse et mesures de longueur musculaire.


Interventions - Modes spécifiques de thérapie par l'exercice  

A

Les cliniciens doivent inclure une thérapie physique avec des exercices combinés ciblant la hanche et le genou afin de réduire la douleur et d'améliorer les résultats et la performance fonctionnelle rapportés par le patient, à court, moyen et long terme. La thérapie par l’exercice ciblant la hanche doit cibler les muscles postero-latéraux de hanche. La thérapie par l’exercice ciblant le genou comprend un exercice en charge (squats) ou en décharge (extension résistée de genou), les deux types d’exercice ciblant la musculature du genou. La préférence pour un exercice ciblant la hanche par rapport à un exercice ciblant le genou peut être donnée aux premiers stades du traitement du PFP. Dans l'ensemble, la combinaison d'exercices ciblant les hanches et les genoux est préférable aux exercices uniquement ciblés au genou afin d'optimiser les résultats chez les patients atteints de PFP.


Interventions - Taping de la rotule  

B

Les cliniciens peuvent utiliser du taping rotulien sur mesure associé à une thérapie par l'exercice afin de réduire immédiatement la douleur et améliorer les résultats de la thérapie par l'exercice à court terme (4 semaines). Il est important de noter que les techniques de taping peuvent ne pas être bénéfiques à long terme ou quand elles sont associées à une thérapie physique plus intensive. Le Taping appliqué dans le but d'améliorer la fonction musculaire n'est pas recommandé.


Interventions - Orthèses fémoro-patellaires du genou (calage)

B

Les cliniciens ne doivent pas prescrire d'orthèses fémoro-patellaires du genou, y compris des genouillères/manchons ou des straps, aux patients atteints de PFP.


Interventions - Orthèses plantaires

A

Les cliniciens doivent prescrire des orthèses de pied préfabriquées aux patients dont la pronation est supérieure à la normale afin de réduire la douleur, mais uniquement à court terme (jusqu'à 6 semaines). En cas de prescription, les orthèses de pied doivent être associées à un programme de thérapie par l'exercice. Les preuves sont insuffisantes pour recommander des orthèses de pied faites sur mesures par rapport aux orthèses de pied préfabriquées.


Interventions - Biofeedback

B

Les cliniciens ne doivent pas utiliser le biofeedback basé sur l’électromyographie appliqué sur le vaste médial pour augmenter l'intensité de l'exercice sur le genou (quadriceps) pour le traitement de la PFP.  

Les cliniciens ne doivent pas utiliser le biofeedback visuel sur l'alignement des membres inférieurs lors d'exercices ciblant la hanche et le genou pour le traitement de patients atteints de PFP.

Interventions - "Running Gait Retraining "

C

Les cliniciens peuvent avoir recours au "Running Gait Retraining " consistant en plusieurs séances de répétition pour adopter un schéma d’attaque de l’avant-pied (pour les coureurs de l’arrière-pied), pour augmenter la cadence de course ou pour réduire l’adduction maximale de la hanche lors de la course aux coureurs avec PFP.


Interventions – Entrainement au Blood Flow Restriction additionné à des Répétitions intensives d'exercices ciblé sur le genou

F

Les cliniciens peuvent utiliser le BFR ainsi qu'un traitement à base d'exercices intensifs ciblés sur le genou avec un nombre de répétition élevée, sous surveillance, pour les patients ayant une douleur lors de l'extension du genou contre résistance.


Interventions – Needling Therapies

A

Les cliniciens ne doivent pas utiliser le dry needling pour le traitement du syndrômr fémoro patellaire.

C

Les cliniciens peuvent utiliser l’acupuncture pour réduire la douleur chez les patients atteints de PFP. Cependant, cette recommandation doit être faite avec prudence, car la supériorité de l'acupuncture sur les traitements placebo ou simulés est inconnue. Cette recommandation ne devrait être incorporée que dans les contextes où l’acupuncture fait partie du champ d’application de la physiothérapie.

Interventions - La thérapie manuelle en tant que traitement seul.

A

Les cliniciens ne doivent pas utiliser la thérapie manuelle, y compris la manipulation/mobilisation: fémorale, lombaire, du genou ou patello-fémorale, isolée pour les patients atteints de PFP.

Interventions - Agents biophysiques  

B

Les cliniciens ne doivent pas utiliser d'agents biophysiques, y compris les ultrasons, la cryothérapie, la phonophorèse, l'iontophorèse, la stimulation électrique et le laser thérapeutique, pour le traitement des patients atteints de PFP.


Interventions - Éducation du patient  

F

Les cliniciens peuvent inclure une éducation spécifique du patient sur la gestion de la charge, la gestion du poids, quand cela est nécessaire, l’importance de l’adhésion à des traitements actifs tels que la thérapie par l’exercice, la biomécanique pouvant contribuer à une surcharge relative de la PFJ, les preuves de différents traitements et expliquer la kinésiophobie. L'éducation du patient améliore le respect et la compliance du patient vis à vis des stratégies de préservation active et d'auto-préservation. L'éducation n'a pas d'effets indésirables.


Interventions - Interventions combinées

A

Les cliniciens doivent combiner des différentes techniques physiotherapiques pour le traitement des patients atteints de PFP, ce qui permet d'obtenir des résultats supérieurs à court et à moyen termes à

- l'absence de traitement,

- l'utilisation de semelles ou d'orthèses sans autres traitements.


La thérapie par l'exercice est la composante essentielle et devrait être au centre de toute approche d'intervention combinée. Les interventions à envisager en association avec la thérapie par l'exercice comprennent les orthèses du pied, la pose de taping rotulien, les mobilisations rotuliennes et l'étirement des membres inférieurs.

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