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Spondyloarthrite axiale : nouvelles données en masso-kinésithérapie

New Insights in Physical Therapy and Rehabilitation in Axial Spondyloarthritis: A Review,

Fabio Massimo Perrotta . Antonio Musto . Ennio Lubrano


Auteur : Laëtitia Rachel Sellem

Formatrice INFMP: www.infmp.fr



Introduction

La spondylarthrite ankylosante axiale (axSpA) est un groupe de maladies inflammatoires chroniques touchant principalement le squelette axial, avec de possibles atteintes au niveau des autres articulation ou en extra-articulaire. On retrouve chez ces patients des douleurs inflammatoires au niveau du dos causées par la présence d'enthésite (sacro-iliaque, colonne). Depuis 15 ans, le traitement a été révolutionné par l'utilisation de médicaments biologiques : anti-tumor necrosis factor (TNF) et anti-interleukines (IL) permettent de diminuer la douleur et l'inflammation, la fonction articulaire et la qualité de vie. Néanmoins, certains patients sont intolérants ou ne répondent pas à ce traitement. Cet article va s'intéresser à l'effet de la kinésithérapie chez les patients atteints d'axSpA et de spondylarthrite ankylosante (AS).


Evaluation des patients

Il existe plusieurs recommandations pour évaluer les patients. C'est un procédé complexe devant prendre en compte : l'activité de la maladie (C reactive protein : CRP, échelles BASDAI et ASDAS ), la douleur (EVA), la fonction articulaire (BASMI), la qualité de vie (ASAS health index, ASQoL), la fatigue, la possibilité de travailler et les facteurs psychologiques.


Kinésithérapie et exercices

La kinésithérapie a prouvé son efficacité quand à la gestion de la maladie (notamment en séances de groupe). L'exercice est la pierre d'angle de la rééducation et a pour but de diminuer les douleurs, la raideur et d'améliorer la fonction. Si pratiqué de manière régulière, il va également prévenir les symptômes dépressifs. De plus, des études ont montré une relation entre l'invalidité et la douleur chronique : les patients peuvent adopter des schémas d'évitement de l'activité par peur d'avoir mal, ce qui va conduire à l'augmentation de leurs symptômes et à une perte fonctionnelle. C'est un facteur à prendre en compte en séance.


Spondylarthrites axiales non radiographiques

Les études sont contradictoires quand à l'effet de la kinésithérapie sur les formes non radiographiques. Il a été prouvé que la méthode McKenzie est bénéfique si appliquée de manière précoce. De plus, elle serait effective sur les formes radiographiques ainsi que non radiographiques. On retrouve une amélioration de la qualité de vie, des fonctions mais elle n'affecte pas le renouvellement de la matrice extracellulaire.


Spondylite ankylosante

Deux publications récentes ont montré les derniers avancements dans le traitement kinésithérapique de l'AS : l'activité physique permet un meilleur contrôle de l'activité de la maladie, la mobilité, fonction et qualité de vie. La peur de l'exercice par contre montre un effet inverse. Une combinaison de différents exercices (travail articulaire, renforcement musculaire et cardiovasculaire) est le plus bénéfique.

Rééducation et traitement pharmacologique

Il a été prouvé que la thérapie anti-TNF associée à la kinésithérapie est plus effective que la thérapie seule en regard de la sévérité des symptômes, de l'activité de la maladie, l'invalidité et la qualité de vie.

Exercice cardiorespiratoire

Plusieurs études ont montré son bénéfice sur la fatigue, la détresse émotionnelle et la fonction.


Education

C'est une part importante de la gestion de la maladie : les patients doivent connaitre les symptômes de leur maladie, leurs impacts, les différents traitements, l'effet de leur mode de vie sur la maladie ainsi que des connaissances générales sur la physiologie de la colonne. On a montré une amélioration de la fonction et qualité de vie chez les patients ayant reçu une éducation.

Conclusion

Il a été prouvé que la kinésithérapie avait des effets bénéfiques sur les patients atteints d' AS. Les effets sur la axSpA non radiographique ne sont pas concluants et de nouvelles études doivent être réalisées.

Il n'existe pas encore de protocole d'exercice, mais il a été montré que l'exercice cardiovasculaire ainsi que l'éducation peuvent améliorer les signes cliniques.





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