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Prise en charge en kinésithérapie de patients atteints de sclérose latérale amyotrophique, C. Ramos

Physiotherapy for patients with amyotrophic lateral sclerosis


Auteur : Laëtitia Rachel Sellem, Masseur-Kinésithérapeute

Formatrice INFMP: www.infmp.fr


La Sclérose Latérale Amyotrophique (SLA) est une maladie neurodégénérative grave qui atteint les neurones centraux (cortex cérébral) et périphériques (bulbe et corne antérieure de la moelle). L'espérance de vie est entre 3 et 5 ans et elle touche des patients en moyenne entre 60 et 65 ans. Une faiblesse musculaire s'installe progressivement avec de la spasticité dans un territoire limité, puis évolue vers une amyotrophie qui s'étend à l'ensemble de la musculature. Une déficience ventilatoire va s'installer avec un syndrome restrictif et une altération de la toux : le décès est conséquence de l'affection ventilatoire. La rééducation impacte positivement l'état des patients, son objectif est la prévention et l'adaptation des complications : elle vise à maintenir un confort et une qualité de vie acceptable. Elle doit constamment être réadaptée à l'état du patient et anticipée les différents stades prévisibles, elle va se faire dans un premier temps au cabinet puis au domicile. C'est une rééducation non stéréotypée et adaptée à chaque patient.


Rééducation : correction des conséquences de la perte de mobilité

On utilise toute technique de massage à visée décontracturante. Le drainage lymphatique manuel peut être employé si le patient a un lymphœdème. Il faut réaliser une prévention : bas de contention, surélévation des membres, marche tant qu'elle est possible. L'enraidissement articulaire est un des objectifs essentiels de la rééducation : des techniques actives et/ou passives d'étirements, postures et massages sont réalisées. On retrouve des limitations en élévation, abduction et rotation externe d'épaules, en flexion des doigts et du poignet, en extension de la hanche et du genou ainsi qu'un déficit de la flexion dorsale de cheville (équin du à la spasticité du triceps). Une déformation cyphotique est aussi retrouvée.

Rééducation : activité physique Elle est controversée. L'activité intense est citée comme un facteur de risques d'apparition de la maladie. L'activité physique appropriée doit être modérée, en rapport avec le bilan, en actif doux ou actif aidé. La marche, la balnéothérapie, le pédalage, le yoga sont bien tolérées. Le facteur le plus important à suivre est la fatigue : il faut aussi surveiller l'apparition de douleurs, l'exacerbation de la spasticité, perte de force ou d'endurance, difficultés respiratoires. La dépense énergétique est aussi à prendre en compte.


Rééducation : prise en charge respiratoire L'entretien de la fonction respiratoire est essentiel. Une spirométrie doit être réalisée régulièrement assis et couché ainsi que des mesures du Débit Expiratoire de Pointe (DEP). Cette prise en charge doit débuter avant l'apparition de tout symptôme : respiration abdomino-diaphragmatique, prévention de la cyphose (ouverture par mobilisations, postures). Si on retrouve une hypoventilation (orthopnée, baisse de la qualité du sommeil, majorité de la dyspnée) la Ventilation Non Invasive (VNI) est mise en place. L'aide à la toux et au désencombrement bronchique sont essentiels à réaliser.

  1. Travail de la phase inspiratoire : témoigne d'une perte d'efficacité du diaphragme. Le but est d'apporter un volume pré-tussif suffisant. On utilise des techniques d'empilement d'air ou "air stacking" : série d'inspirations successives.

  2. Travail de la phase expiratoire : correspond à une atteinte des abdominaux. On emploie des techniques d'aides à la toux (compressions thoraciques, abdominales, combinées).

  3. Travail des phases inspiratoires et expiratoires : on utilise un In-Exufflateur mécanique (MI-E), qui alterne des pressions positives et négatives. On peut l'associer avec des techniques de rééducation manuelles. Contre indiqué chez les patients présentant un risque de pneumothorax.


Rééducation : prise en charge de la spasticité La cryothérapie associée à des étirements est bénéfique. On peut masser les muscles antagonistes (le massage direct renforce la spasticité).


Sanaki propose 6 stades évolutifs :

  1. Patient autonome, gêne dans ses activités

  2. Déambulation autonome, atteinte et fatigabilité musculaire

  3. Déambulation avec aide technique

  4. Fauteuil roulant

  5. Déficit moteur membres supérieurs et inférieurs, grande dépendance

  6. Dépendance totale, patient alité, paralysie des 4 membres


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