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  • Julien Encaoua

PEC de la hernie discale non opérée - Partie 1

Nous détaillerons sur plusieurs articles du blog la pris en charge kinésithérapique de la hernie non-opérée. Il est aujourd'hui anormal que cette prise en charge fasse encore dans de nombreux cas ''peur' au praticien''. Alors que bien souvent nous nous trouvons face à un patient qui ne manque pas de nous exprimer ses craintes: peur du mouvement, peur du massage, peur de la cambrure... Nous nous devons d'avoir un langage claire, scientifique et rassurant.


Nous ne reprendrons volontairement pas l'anatomie rachidienne comme elle à pu être étudiée en IFMK, nous essaierons de l'aborder sous un angle qui permet une compréhension de la physiologie, de la biomécanique et de notre prise en charge.


Les vèrtèbres lombaires


- Elles sont au nombre de cinq et sont les plus volumineuses.

- Le corps vertébral est réniforme à grand axe transversal.

- Les pédicules sont sagittaux, très épais.

- Les lames sont épaisses, plus hautes que larges.

- Le processus épineux est trapu, quadrangulaire et horizontal.

- Les processus transverses sont grêles et allongés, ils possèdent près de leur base un relief d’insertion musculaire : le processus accessoire.

- Les processus articulaires supérieurs regardent médialement et en arrière; leur partie postérolatérale forme une saillie : le tubercule mamillaire.

- Le foramen vertébral est en forme de triangle équilatéral.

- La vertèbre L5 se caractérise par un corps cunéiforme dans le plan sagittal, c’est-à-dire plus haut en avant qu’en arrière. Son processus épineux est plus petit, et ses processus articulaires inférieurs sont écartés.













Les plateaux vertébraux : Les corps vertébraux présentent un plateau supérieur et un plateau inférieur, sur lesquels on peut décrire deux parties:


- une zone centrale spongieuse, criblée de fins orifices, recouverte de cartilage ,les plaques cartilagineuses vertébrales. Point faible de la vertèbre, elle est le lieu d’hernie intra-spongieuse du Nucleus propulsus (nodule de Schmorl). La PCV a une épaisseur de 1 à 1,5 mm. Elle forme une barrière entre l’os spongieux vascularisé et le DIV non vascularisé. ses multiples perforations lui permettent de conduire les liquides entre l’os spongieux et le DIV. Aucune structure fibrillaire ne retient la PCV à l’os sous-chondral. Lors d’un mouvement en force ou d’un traumatisme violent celle-ci peut ainsi être arrachée.


- un rebord périphérique compact : le listel ou bourrelet marginal.













Le disque intervertébral : Entre deux corps vertébraux adjacents se trouve le disque intervertébral, fibrocartilage en forme de lentille biconvexe, dont l’épaisseur varie de quelques millimètres à l’étage cervical et jusqu’à environ 1 cm à l’étage lombaire. On lui décrit deux portions :

- Sa partie centrale, le nucléus pulposus (noyau pulpeux), est de consistance gélatineuse, très résistant et se déshydrate avec l’âge.

- Sa partie périphérique : l’annulus fibrosus.


Le DIV permet à la fois de résister à la pesanteur et à des contraintes mécaniques externes complexes mais également d’assurer une mobilité multidirectionnelle de la colonne lombaire. Sa partie périphérique, l’annulus fibrosus (anneau fibreux), est formé de couches fibroélastiques concentriques et adhère aux listels.


Le DIV répond en:

arrière: à la paroi antérieure du canal rachidien.

avant et en arrière: donne insertion à deux ligaments longitudinaux antérieur et postérieur étendus sur toute la longueur du rachis.


L’épaisseur des DIV lombaires varie de 10 à 15 mm. Il est plus épais en L4-L5 qu’en L1-L2.


L’indice discal: c’est le rapport entre la hauteur d’un DIV et la la hauteur du corps vertebral. Plus celui-ci est important plus la mobilité sera favorisée. En lombaire l’indice discal est qualifié d’élevé.




Tiré de: Disque intervertébral et structures voisines de la colonne lombaire : anatomie, biologie, physiologie et biomécanique

F. Rannou M.-A. Mayoux-Benhamou S. Poiraudeau M. Revel

Encyclopédie Médico-Chirurgicale 15-840-A-10 (2004)


L’annulus fibrosus:

Disposition: Fixé efficacement au listel marginal. Il est constitue de 7 a 15 lamelles concentriques (type bulbe d’oignon).

Composition: faisceaux de fibres parallèles de collagène de type 1. Les lamelles ne sont que faiblement unies entre elles ce qui permet une extensibilité verticale importante.

La partie postérieure comporte des fibres discontinues et incomplète, signant une zone postérieure plus fragile que la zone antérieure du DIV.


Le nucleus propulsus

Masse blanchâtre ovoïde et gélatineuse, solidement ancré avec l’annulus fibrosus, il est situé dans la partie moyenne/postérieure du DIV, il occupe la moitié de son volume.


BIBLIOGRAPHIE

1. PENG, W WU, S HOU ET W SHANG, « THE PATHOGENESIS OF SCHMORL'S NODES », THE JOURNAL OF BONE AND JOINT SURGERY. BRITISH VOLUME, VOL. 85, NO 6, 2003, P. 879– 82 (PMID 12931811, DOI 10.1302/0301-620X.85B6.13555, LIRE EN LIGNE [ARCHIVE])

2. K. TAKAHASHI, T. MIYAZAKI, H. OHNARI ET T. TAKINO, « SCHMORL'S NODES AND LOWBACK PAIN », EUROPEAN SPINE JOURNAL, VOL. 4, NO 1, 1995, P. 56– 9 (PMID 7749909, DOI 10.1007/BF00298420)

3. DISQUE INTERVERTÉBRAL ET STRUCTURES VOISINES DE LA COLONNE LOMBAIRE : ANATOMIE, BIOLOGIE, PHYSIOLOGIE ET BIOMÉCANIQUE F. RANNOU M.-A. MAYOUXBENHAMOU S. POIRAUDEAU M. REVEL; ENCYCLOPÉDIE MÉDICO-CHIRURGICALE 15-840-A-10 (2004)

4.ANTONIOU J, STEFFEN T, NELSON F. THE HUMAN LUMBAR INTERVERTEBRAL

5. DISC. J CLIN INVEST 1996; 98: 996-1003

MÉDECINE/SCIENCES 1987 ; 3: 411-20 MICHEL VAN DER REST


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