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Mesures essentielles pour le Masseur-Kinésithérapeute auprès des patients COVID positifs à domicile

Mis à jour : juin 22

Réponses rapides dans le cadre du COVID-19 - Mesures et précautions essentielles pour le Masseur-Kinésithérapeute auprès des patients à domicile, Haute Autorité de Santé (16 avril 2020)


Auteur du résumé : Laëtitia Rachel Sellem Formatrice INFMP: www.infmp.fr

Depuis le 14 mars 2020, la France est entrée en épidémie de stade 3 vis-à-vis du COVID-19. Tous les professionnels de santé sont impliqués, dont les masseurs-kinésithérapeutes par leur prise en charge respiratoire et globale des patients. Il est donc important de définir comment traiter les patients infectés ainsi que ceux présentant des pathologies chroniques ou en situation de fragilité se trouvant à domicile. Compte tenu des données actuelles, l’HAS a réalisé des recommandations afin d’encadrer ces prises en charges. Les personnes âgées vivant en EHPAD sont également concernées car l’institut leur fait office de domicile.


Les visites à domicile

Celles-ci doivent être limitées afin d’éviter le risque de transmission, il faut privilégier le télétravail. Cet arrêté liste les actes autorisés aux masseurs-kinésithérapeutes à réaliser en télésoin. Il faut effectuer un rapport bénéfices/risques afin de décider si la prise en charge du patient à domicile est nécessaire (actes indispensables ou non, patient responsable ou non pour effectuer sa rééducation en télésoin, risques de ne pas se déplacer, risques pour le patient, matériel). Il est nécessaire de commencer les visites par les patients asymptomatiques ou testés négatifs, puis les patients suspectés d’être infectés, pour finir par les patients atteints par le COVID-19. Il faut privilégier la rééducation active ou auto-passive afin d’éviter tout contact. Si des mesures passives sont nécessaires, il est nécessaire de suivre des mesures d’hygiène strictes.




Patients infectés ou suspectés de l’être

Les patients concernés sont soit en post-hospitalisation suite à un diagnostique positif soit en rééducation à domicile. L’équipement nécessaire se compose d’un masque FFP2 pour le soignant, d’un masque chirurgical pour le patient, de lunettes/visières de protection et d’une surblouse imperméable. Le kinésithérapeute doit se déséquiper avant de sortir du domicile et désinfecter tout le matériel. Il faut éviter tout exercice actif en phase aigüe, essayer d’effectuer des séances par télésoin et autonomiser le patient. Il faut également rester en contact proche avec le patient en cas d’aggravation (température, baisse de la SpO2, dyspnée, dégradation de l’état général). Si cette triade est présente lors de l’évaluation respiratoire, il peut s’agir d’une surinfection ou d’un encombrement :toux grasse et productive, augmentation ou modification de la qualité des sécrétions, insuffisance du drainage autonome du patient. Il faut évaluer la limitation fonctionnelle en mesurant le nombre de levers de chaises en une minute ( >19 aucune limitation ; entre 12 et 19 capacités limitées ; <12 capacités dégradées). Les soins prioritaires sont l’aide au drainage bronchique chez les patients infectés présentant précédemment une pathologie respiratoire (privilégier l’éducation), ainsi qu’un programme d’exercice physique et de réhabilitation respiratoire.

Chez les patients dont le résultat au lever de chaise est <12 (état dégradé), il faut réaliser un programme de réhabilitation physique en utilisant les ressources du domicile (le critère d’arrêt est une dyspnée à 3 sur l’échelle modifiée de Borg). Le patient doit tenir un cahier de bord afin d’identifier quels exercices étaient limitants, pourquoi et comment arriver à les réaliser. Le kinésithérapeute peut ainsi évaluer à distance l’observance du programme et l’ajuster.



Patients souffrant de pathologies chroniques ou fragiles, asymptomatiques COVID-19 ou dont le test COVID-19 est négatif

Les patients concernés sont ceux nécessitant des actes indispensables qui sont impossibles à réaliser en télésoin. On doit continuer les soins en évitant tout risque de contamination : il faut se considérer comme potentiellement contaminant. Le soignant doit repérer quels sont ses patients les plus fragiles nécessitant une continuation des séances. Il doit chercher les signes d’apparition du COVID-19 (fièvre, dyspnée, fatigue, confusion, diarrhée) chez le patient et son entourage, évaluer les risques de dégradation de l’état respiratoire ou exacerbation, évaluer les conséquences fonctionnelles du confinement (réaliser le test de lever de chaise d’une minute ; le test de 5 assis-debout chronométré bras croisés, si >15secondes indique des réserves basses) et évaluer les capacités du patient à l’auto-rééducation. Les soins prioritaires à réaliser sont l’aide au drainage bronchique si le patient ne peut réaliser un auto-drainage, prévenir les risques liés à l’alitement et au confinement, s’assurer de la bonne suivie du programme par le patient à l’aide de son cahier de bord, l’autonomiser (si possible passer en télésoin), établir un programme de réentrainement à l’effort avec suivi téléphonique. Pour les personnes âgées et fragiles il faut solliciter leurs capacités fonctionnelles selon leurs besoins, renforcer leurs repères spatio-temporels et surveiller les principaux paramètres vitaux.


L’essentiel des points abordés est résumé ci-dessous :


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