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Les effets de la kinésithérapie sur l’état de santé perçu chez des patients BPCO en décompensation

Irene Torres-Sánchez, Marie Carmen Valenza, Maria dels Àngels Cebriá i Iranzo, Laura López-López, Ma Paz Moreno-Ramírez & Araceli Ortíz-Rubio (2017): Effects of different physical therapy programs on perceived health status in acute exacerbation of chronic obstructive pulmonary disease patients: a randomized clinical trial, Disability and Rehabilitation, DOI: 10.1080/09638288.2017.1323236

Auteur : Laëtitia Rachel Sellem

Formatrice à l’INFMP – www.infmp.fr


Introduction


La BPCO (BronchoPneumopathie Chronique Obstructive) est une atteinte respiratoire chronique caractérisée par une limitation partiellement réversible des volumes pulmonaires. Cette diminution des volumes se fait de manière progressive et est associée à une inflammation des voies aériennes (en général causée par le tabagisme). C’est une cause de mortalité importante à travers le monde. Outre les atteintes respiratoires, il existe d’autres symptômes comme une baisse significative des aptitudes fonctionnelles, de l’état de santé et la perception de son état de santé. Il existe des épisodes d’exacerbations caractérisés par « une aggravation durable de l’état de santé, au-delà des variations quotidiennes, d’apparition aigüe et pouvant justifier l’ajout d’un traitement » : ces épisodes impactent sévèrement l’état de santé du patient. La notion de la « perception de l’état de santé » est une évaluation importante chez les patients BPCO : les facteurs testés sont la dyspnée, la sévérité de la maladie et l’anxiété (prédisent une altération de l’état du malade). Les effets positifs des techniques de kinésithérapie sur les patients BPCO ont été prouvés sur le long terme, et également dans les cas aigus. Cette étude s’intéresse à l’évaluation de la répercussion de différentes techniques kinésithérapiques chez ces patients, en période d’hospitalisation due à une décompensation.


Matériel et méthodes


C’est une étude randomisée comprenant 90 patients atteints de BPCO, hospitalisés à l’hôpital de Grenada pour exacerbation aigue et ayant plus de 40 ans. Ils ont été répartis en 3 groupes :

  1. Groupe contrôle : antibiotiques, corticostéroïdes, bronchodilatateurs inhalés et oxygène thérapie

  2. Groupe contrôle de la respiration + exercices d’amplitudes articulaires : prise en charge standard + exercices de kinésithérapie respiratoire (relaxation, expiration lèvres pincées, expiration active) + exercices actifs dans toutes les amplitudes articulaires, tous les jours pendant 30-40 minutes

  3. Groupe exercices contre résistance : prise en charge standard + exercices de renforcement contre résistance des membres inférieurs, 30-40 minutes

La mesure de l’état de santé perçu s’est faite avec le questionnaire EuroQol-5D (EQ-5D). Il se compose de 3 parties : l’auto-classification, l’index EQ-5D et l’échelle visuelle analogique (EVA).

Elle explore 5 dimensions de santé : mobilité, auto-soin, activité usuelle, douleur/inconfort et anxiété/dépression.

Un profil clinique de chaque patient a été également réalisé : évaluation de l’état respiratoire (spirométrie, dyspnée par l’échelle de Borg) ; humeur (échelle d’anxiété et dépression crée par l’hôpital) ; niveau d’indépendance (index de Barthel) ; comorbidités (charlson’s comorbidity index)


Résultats et conclusion


On retrouve pour les 3 groupes une amélioration de la perception de leur état de santé entre le début et la fin de l’intervention. Il est à noter une amélioration significante dans les groupes ayant reçu les sessions de kinésithérapie par rapport au groupe contrôle.

Une amélioration de la fonction pulmonaire et de la dyspnée a été retrouvée chez les 3 groupes, et plus spécifiquement chez le groupe exercice contre résistance. Concernant le test EQ-5D, on a retrouvé une amélioration de -28,33 points chez le groupe contrôle de respiration + exercices d’AA, -32,4 points chez le groupe exercice contre résistance et -13,44 chez le groupe contrôle.

L’ajout de techniques de kinésithérapie dans la prise en charge des patients BPCO hospitalisés pour décompensation aigue est donc avantageuse pour ces patients : cela montre l’avantage de la prise en charge multidisciplinaire pour améliorer la qualité de vie des patients hospitalisés.

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