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Le complexe de l'épaule : résumé de la mini-formation

Auteur : Laëtitia Rachel Sellem

Formation disponible sur www.infmp.fr


Introduction

L’épaule correspond à l’articulation proximale du membre supérieur, elle est suspendue, exposée et superficielle (sujette aux chocs). C’est un complexe formé de 5 articulations : 3 vraies (scapulo-humérale, acromio-claviculaire et sterno-claviculaire) et 2 fausses (sub-deltoïdienne et scapulo-thoracique). Elle a pour rôle principal d’orienter le membre supérieur dans l’espace afin de remplir son rôle essentiel qui est la préhension. Elle permet également les mouvements de lancers et réception. L’épaulette constitue de plus une zone d’appui. Compte tenu de sa situation exposée, elle est sujette aux traumatismes (fractures de la tête humérale, de la clavicule, etc.). De plus, elle est sujette à des conflits par malmenage et à une dégénérescence par surmenage.


Plan articulaire

Les cinq articulations de l’épaules présentent toutes un type articulaire différent qui vise au mouvement. On retrouve de nombreuses bourses synoviales dont la plus importante est la sub-deltoïdienne, des plans de glissements et un néo-acétabulum au niveau de l’articulation scapulo-humérale : il permet la jonction entre le thorax et le bras.


Plan capsulo-ligamentaire

On retrouve une capsule ainsi que trois pôles ligamentaires permettant un maintien passif de la tête humérale dans la glène.

Plan musculaire

Il existe différents complexes musculaires de l’épaule :

  • La coiffe : supra-épineux, infra-épineux, petit rond, subscapulaire +/- tendon du long biceps. Ils ont un rôle de stabilisateurs statiques et dynamiques.

  • Les « trois grands » : grand pectoral, grand dorsal et grand rond. Leur rôle est d’abaisser la tête humérale

  • Les muscles scapulo-thoraciques : trapèze, rhomboïdes, élévateur de la scapula, grand dorsal, dentelé antérieur, petit pectoral, omo-hyoïdien

  • Le deltoïde : abducteur puissant


Mobilités

  • Fonctionnelles : selon un axe à 45° d’abduction et de flexion, les mobilités prioritaires sont la flexion, l’abduction et la rotation latérale. Ci-dessous les mobilités selon l’articulation :

  • Sterno-claviculaire : élévation/abaissement, anté/rétropulsion, rotation axiale

  • Acromio-claviculaire : abduction/adduction, fermeture/ouverture, rotation axiale

  • Scapulo thoracique : élévation/abaissement, sonnette médiale/latérale, bascule postérieure/antérieure, abduction/adduction, circumduction

  • Scapulo-humérale : flexion/extension, abduction/adduction, rotation latérale/médiale + mobilités spécifiques (glissements antéro-postérieurs, abaissement, décoaptation)

  • Il existe la notion de rythme scapulaire : lors du mouvement d’abduction, il va y avoir la mise en jeu des articulations scapulo-humérales et scapulo-thoraciques en « rythme », c’est-à-dire selon des secteurs prédéfinis angulaires.



Le bilan masso-kinésithérapique

  • Dans un premier temps on réalise un interrogatoire : l’histoire de la maladie, la plainte du patient, sa médication, quels mouvements sont limités et quelles sont les répercussions dans sa vie.

  • Puis on observe le patient : on recherche une amyotrophie (fosses supra et infra-épineuses, moignon), un winging de la scapula, la posture du patient.

  • On réalise un bilan articulaire : quantitatif (goniométrie) et qualitatif (fluidité, rythme scapulaire, mobilités spécifiques)

  • Quand au bilan musculaire, il est dans un premier temps palpatoire (douleurs des muscles de la coiffe, hypoextensibilités, tensions) puis quantitatif (testing).

  • Le bilan fonctionnel va tester un ensemble de mouvements du quotidien (main-tête ; main-rachis ; main-visage), on teste le membre supérieur dans sa stabilité et s’il peut supporter les contraintes (dynamiques et statiques).




On réalise ensuite une batterie de tests spécifiques.

Tests de conflit sous-acromial : positifs si douleur

  • Signe de Neer : patient assis. Le MK maintient la scapula et réalise une flexion et rotation médiale de l’épaule avec le coude tendu

  • Signe de Yokum : le patient porte sa main sur l’épaule contro-latérale et élève le coude

  • Signe de Hawkins : patient assis. Le MK maintient la scapula et place l’épaule à 90° dans le plan fonctionnel. Il réalise une rotation médiale


Tests tendineux : supra-épineux

  • Signe de Jobe : l’épaule est placée en abduction à 90° dans le plan de la scapula et en rotation médiale. Le kinésithérapeute applique une force vers le bas, le test est positif s’il y a une douleur. On réalise ce test de manière bilatérale pour avoir un point de comparaison

Tests tendineux : infra-épineux et petit rond

  • Signe de patte : le kinésithérapeute maintient la scapula et place l’épaule en position R3, puis réalise une rotation latérale. Le test est positif si douleur

  • Signe du clairon : le patient doit porter la main à la bouche. Test positif s’il lève le coude (pas de muscles rotateurs externes)

  • Signe du portillon ou du retour automatique : le patient a le coude au corps, le kinésithérapeute amène l’épaule en rotation latérale maximale et le patient doit conserver la position. Test positif si le bras reviens en rotation médiale

Tests tendineux : le supra-scapulaire

  • Manœuvre de Gerber : le patient place sa main dans le dos le plus haut possible, on lui demande de décoller la main

  • Press-belly test : le patient met sa main sur le ventre et réalise une pression (RM)

  • Bear hug test : le patient met sa main sur l’épaule controlatérale. On réalise une rotation médiale contre résistée

Rupture du long tendon du biceps

  • Test de Yergason : le patient est assis, le coude au corps. Le kinésithérapeute palpe le tendon du long biceps dans la coulisse bicipitale et demande au patient de réaliser des mouvements de pronation/supination. On recherche un ressaut lors de la supination (le tendon sort du sillon)

Tests d’instabilité antérieure

  • Aprehension test : le patient est en décubitus dorsal, le kinésithérapeute place l’épaule à 90° d’abduction et réalise un mouvement de rotation latérale à 90°. Positif si appréhension ou douleur

  • Relocation test : même protocole + application d’une force postérieure sur la tête humérale (diminue les symptômes)

  • Appréhension à l’armé du bras


Tests d’instabilité postérieure

  • Jerk test : le patient est en décubitus dorsal. Le kinésithérapeute place l’épaule à 90° de flexion, en adduction maximale et en rotation médiale maximale. Il applique une force postérieure sur le coude et réalise un mouvement d’abduction : on recherche un ressaut


Recherche d’une laxité

  • Tiroir antéro-postérieur

  • Inférieure - sulcus sign : on réalise un abaissement du bras et on mesure l’écart entre la tête humérale et le bord latéral de l’acromion

Lésions du labrum supérieur (SLAP)

  • Active compression test : le patient a son épaule à 90° de flexion et 15° d’adduction, coude tendu, le pouce vers le sol. On applique une force vers le bas. On réalise le même test en supination et rotation latérale. Test positif si on retrouve des douleurs dans la première position qui sont soulagée dans la seconde

Sur ce lien vous retrouverez une fiche bilan récapitulative des tests.



Conclusion

L’épaule est un complexe multi-articulaire dont la visée principale est la mobilité.

Sur le plan pathologique, l’épaule est victime le plus souvent de luxations, conflits et tendinopathies des muscles de la coiffe. Lors de notre bilan, nous recherchons des signes de ces affections, s’il y a une harmonie des mouvements articulaires et comment la fonction est affectée.

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