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La Névralgie Cervico-Brachiale : résumé de la mini-formation sur www.infmp.fr

Auteur : Laëtitia Rachel Sellem

Rappel de cours consultable sur www.infmp.fr



La névralgie cervico-brachiale (NCB) est une pathologie de la colonne cervicale s’exprimant par l’association de douleurs au niveau du rachis cervical et d’une radiculopathie (compression d’une racine nerveuse) s’exprimant par des douleurs neuropathiques et pertes de sensibilité ou de force dans le membre supérieur. Elle touche 83,2/100 000 personnes et atteint plus les hommes que les femmes (ratio 1,6/1). Les racines nerveuses les plus concernées sont C6 et C7 : elles représentent 90% des atteintes.



Physiopathologie/Rappels anatomiques

La NCB est causée par la fermeture du foramen intervertébral où passent les racines nerveuses sortant de la moelle épinière : celles-ci vont ainsi être comprimées. Une hernie « molle » (hernie discale) ou hernie « dure » (phénomènes arthrosiques) sont généralement à l’origine de cette fermeture.




Chaque racine nerveuse est associée à un arc réflexe, un myotome et un dermatome.













Prise en charge médicale

Le diagnostic médical est réalisé selon les signes cliniques retrouvés et des examens complémentaires (IRM et EMG). Il faut être vigilent à de possibles diagnostics différentiels, tels que le syndrome de la traversée thoraco-brachiale (symptômes similaires mais pas de syndrome rachidien), le syndrome de Parsonage Turner (névralgie du membre supérieur par atteinte axonale aigue), une compression nerveuse ou un syndrome du canal carpien. En première intention, on réalise un traitement conservateur qui s’avère positif pour 90% des patients. Celui-ci a une durée de 6 à 8 mois et consiste à diminuer des douleurs par la médication, la kinésithérapie ou l’hypnose. Il existe également un traitement chirurgical qui sera envisagé dans certains cas spécifiques (douleurs résistantes ou intolérables malgré le traitement conservateur, apparition soudaine d’un trouble moteur et compression de la moelle épinière) : on retire le disque faisant saillie et on le remplace par une prothèse (cage). La voie d’abord la plus pratiquée est la discectomie antérieure.


Bilan masso-kinésithérapique

Celui-ci va être à la recherche des racines et nerfs en souffrance ainsi que de leur potentielles zones d’accroche, ainsi que la recherche d’éventuelles tensions musculaires. On va dans un premier temps rechercher s’il existe d’éventuels « red flags » : ce sont des facteurs de gravité qui nécessitent la redirection du patient chez un médecin.



Les bilans morphostatiques, articulaires et musculaires sont classiques. Il est à noter qu'on retrouve généralement des douleurs musculaires scapulaires, et notamment des muscles rhomboïdes


On réalise ensuite plusieurs tests :

  • Test de Spurling : test foraminal. Le patient est assis, le kinésithérapeute va réaliser une extension et inclinaison homolatérale afin de fermer le foramen intervertébral. Dans cette position il va appliquer une pression axiale : le test est positif s’il y a une reproduction des symptômes.

  • Signe de Davidson : diminution des symptômes lors de l'abduction d'épaule

  • Tests UNLT : mise en tension nerveuse

  • Test de distraction : le patient est en décubitus dorsal, le kinésithérapeute va réaliser une traction du rachis cervical. Le test est positif s’il y a une diminution des symptômes.

Le kinésithérapeute recherche par la suite d’éventuelles zones d’accroches nerveuses (selon les résultats des tests UNLT). Ces zones d’accroches sont :

  • Plexus brachial : entre les scalènes antérieurs et moyens, entre la clavicule et la première côte, entre le petit pectoral et le processus coracoïde, en avant de la tête humérale

  • Nerf axillaire : col chirurgical de l’humérus, quadrilatère huméro-tricipital

  • Nerf radial : gouttière bicipitale latérale et arcade du supinateur (entre ses deux chefs)

  • Nerf médian : gouttière bicipitale médiale, entrée dans le rond pronateur, canal carpien

  • Nerf ulnaire : en arrière du petit pectoral, gouttière olécranienne médiale, arcade d’Osborne, canal ulnaire

Rééducation masso-kinésithérapique

Celle-ci va consister à libérer les tensions au niveau des racines et nerfs concernés, ainsi que libérer les tensions musculaires. On associe plusieurs techniques :

  • Rééducation neuroméningée : on favorise le glissement du nerf. On travaille en « slide », sans mise en tension. On étire le nerf sur une articulation tandis qu’on le détend sur une autre.

  • Mobilisations en ouverture foraminale : flexion, inclinaison et rotation controlatérales

  • Tractions cervicales (efficaces seulement en association avec la rééducation usuelle)

  • Levers de tensions (rhomboïdes ++)

  • Renforcement musculaire et travail proprioceptif

  • Education du patient : conservation des résultats sur le long terme



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