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La kinésithérapie dans le traitement de la scoliose idiopathique de l’adolescent : utile ou pas ?

Exercise therapy in the treatment of idiopathic adolescent scoliosis: Is it useful? M. Portea, K. Patteb, A. Dupeyrona, J. Cottalordac Auteur du résumé : Laëtitia Rachel Sellem, Masseur-kinésithérapeute Formatrice INFMP: www.infmp.fr Des séances de masso-kinésithérapie sont très fréquemment prescrites lors de la découverte ou du suivi d'une scoliose. Cet article offre une revue de la littérature sur l'effet et l'intérêt de la rééducation chez les patients atteints d'une scoliose idiopathique : quand prescrire, quels effets sont attendus (correction de la courbure, freinage de l'avancement, amélioration de la qualité de vie) et quelles méthodes utiliser ?


Méthodes de rééducation Méthode Mézières Françoise Mézières considère que les muscles se comportent de manière solidaire entre euxen s'organisant en quatre chaînes musculaires connectées. Les muscles seraient soit "trop toniques" soit "trop courts". "Toute action localisée (...) provoque le raccourcissement de l'ensemble du système" et "toute opposition à ce raccourcissment provoque des latéroflexions et des rotations". La scoliose est considérée comme une lordose qui a tournée : la rééducation se fait dans une approche globale, incluant un aspect respiratoire. Les séances sont hebdomadaires jusqu'à la fin de la croissance. Méthode quadrupédique de Klapp

Celui-ci considère que la scoliose serait causée par la position érigée de l'homme. Il y aurait une installation progressive de contractures et enraidissements qui conduirait à une déformation irréversible. Cette méthode nécessite une hospitalisation de 4 à 6 semaines en position quadrupédique avec trois séances ambulatoires par semaine sur une période non déterminée. 


Méthode de Von Niederhöffer Il considère la scoliose comme un déséquilibre de force entre les muscles transverses des deux hémicorps : les muscles dans la convexité sont les plus toniques. Son principe de rééducation est de renforcer les muscles faibles afin d'ouvrir la courbure. Il utilise la contraction isométrique contre résistance. Le patient est autonome et réalise ses exercices 3 à 4 fois à la maison, avec également deux séances par semaines. Méthode de Schroth Le rachis est composé de 3 blocs qui glissent les uns par rapport aux autres chez le scoliotique. Le principe est de placer le patient dans une position corrigée passivement à l'aide de cales, puis qu'il réalise activement un auto-agrandissement pendant l'inspiration : cela dégage la partie concave. Le miroir est souvent utilisé en feedback afin qu'il prenne conscience de sa posture. Il y a 6 semaines de prise en charge avec 6h d'activités par jour : ces séances doivent conduire à l'autonomisation, il peut également bénéficier de séances d'entretien. Méthode de Sohier Selon Sohier la scoliose a une origine multifactorielle, puis des facteurs mécaniques viennent appuyer cette déviation : elle va ainsi cibler ces facteurs. Le soignant utilise des techniques manuelles pour libérer les "grippages" articulaires, les contractions musculaires ainsi que les troubles de l'engagement du mouvement. L'auto-rééducation est primée. Il faut réaliser 5-6 séances espacées d'un jour pour une réaxation articulaire, 5 minutes par jour d'autorééducation et 30 à 45 minutes de postures passives. 

Le side shift

Il repose sur une autocorrection active : le patient va se réaxer dans la direction opposée à la convexité de la courbure, en position assise (lutte contre la lordose). Les sessions sont de 10 à 12 fois 30 minutes sur une semaine pour l'apprentissage, puis entretenir chez le kinésithérapeute tous les 4 mois. 


La littérature sur ces différentes méthodes  Aucune étude ne présente de preuve scientifique suffisante pour valider l'efficacité de la rééducation isolée. La SOSORT et la Scoliosis Research Society indiquent que l'association corset-rééducation (traitement conservateur) est efficace dans la scoliose idiopathique.  Quelle est la place de la kinésithérapie dans le traitement des scolioses ?  La rééducation précédant la mise d'un corset (étirement des muscles concaves) améliore sa mise en place. La rééducation comprend également plusieurs intérêts : limiter les douleurs causées par les contractures musculaires ou une mauvaise posture, améliorer la fonction respiratoire (capacité vitale et meilleure compliance thoracique), rôle d'éducation, de soutien et médiateur avec la famille et le médecin, repérer d'éventuelles aggravations, aider à la bonne adaptation du corset. Elle ne peut seule limiter l'amélioration de la courbure mais contribue à une amélioration de la qualité de vie du patient quelque soit la méthode utilisée. Elle n'est pas nécessaire en continu mais à des moments clés (diagnostic, mise d'un corset ou son sevrage). 

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