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Kinésithérapie et capsulite rétractile

Titre original : Physical Therapy on the managment of frozen shoulder, H.B.Y Chan, P.Y Pua, C.H. How, Singapore Med J 2017; 58(12): 685-689

Auteur du résumé : Laëtitia Rachel Sellem

Formatrice à l'INFMP - www.infmp.fr

L'épaule gelée


L'épaule gelée ou capsulite rétractile est une condition caractérisée par une "restriction significative des mobilités passives et actives de l'épaule : elle survient malgré l'absence d'atteinte intrinsèque connue". Les patients atteints souffrent de raideurs, de douleurs importantes et une perte quasi-totale de la rotation latérale d'épaule.

Elle peut être primaire (causée par le diabète, la maladie de Parkinson ou une atteinte thyroïdienne) ou secondaire à une atteinte de l'épaule (rupture des tendons de la coiffe, une tendinopathie calcifiante, etc.). Leur douleur de l'épaule conduit à un arrêt des mouvements puis au développement de la capsulite. Il existe trois phases :

  1. Douloureuse (freezing) : 2-9 mois, douleur diffuse d'apparition progressive s'aggravant la nuit

  2. Gelée (frozen) : 4-12 mois, la douleur subsiste + perte de flexion, d'abduction et des rotations latérales et médiales de l'épaule

  3. "Dégel" : 5-26 mois, retour des amplitudes articulaires

La capsulite se résolve en général entre 1 à 3 ans, mais il est possible qu'elle persiste avec en général des symptômes faibles (douleur). Elle touche 2 à 5% de la population, le plus souvent entre 40 et 60 ans et en majorité les femmes.

Effets de la kinésithérapie


On peut recevoir en rééducation masso-kinésithérapique ces patients en première intention. Il est important de leur expliquer l’évolution naturelle de la pathologie afin de diminuer toute frustration ou peur qui pourraient entraver la rémission. Cela va également améliorer sa compliance au traitement. Le traitement conservateur allie la kinésithérapie à un traitement médicamenteux (antis inflammatoires non stéroïdiens ou AINS, glucocorticoïdes par voie orale ou en injection intra-articulaire, anti-douleurs). La kinésithérapie a prouvé son efficacité dans la réduction des douleurs et sur le plan fonctionnel. De plus, les AINS et injections de glucocorticoïdes ont été prouvé plus efficaces en association avec la kinésithérapie.


Rééducation selon la phase d’atteinte


Douloureuse

On veut éduquer le patient sur des techniques antalgiques. On réalise des étirements doux ou mobilisations douces passives et en actif aidé de l’épaule dans les secteurs non douloureux (automobilisations pendulaires) et pendant un temps court (1-5secondes). Le patient peut réaliser ces exercices à la maison. Pour moduler la douleur, on peut appliquer de la glace ou un pack chaud avant les exercices, de plus le patient peut prendre des antidouleurs avant la séance. Il faut faire attention à ne pas aggraver les symptômes et ne pas réaliser des étirements trop agressifs : on doit respecter le seuil de douleur du patient.



Gelée

On continue l’application de packs chauds ou froids avant la séance afin de diminuer les douleurs. Les exercices introduits durant la première phase sont maintenus dans la limite de la douleur, en particulier les étirements du thorax et de la partie postérieure de l’épaule. Les étirements en rotation latérale sont recommandés avant de commencer les exercices en flexion afin d’éviter une augmentation de l’inflammation. On introduit des exercices de renforcement afin de conserver la force musculaire (isométrique ou statique), toujours dans les limites de la douleur.




Dégel

Les amplitudes articulaires s’améliorent progressivement : on veut retrouver la force et les amplitudes de l’épaule de manière rapide. On maintient les étirements et on ajoute des exercices de renforcement musculaire en progression : du mode isométrique à des exercices contre résistance.

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