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Classification fonctionnelle des techniques de kinésithérapie respiratoire

Titre original : Classification fonctionnelle des techniques de kinésithérapie respiratoire, G. Postiaux, Motricité Cérébrale 36 (2015) 44-48


Auteur du résumé : Laëtitia Rachel Sellem

Formatrice à l'INFMP - www.infmp.fr


Introduction

Il existe deux grandes catégories de techniques masso-kinésithérapiques respiratoires à visée de désencombrement pulmonaire : les techniques manuelles (principales) et instrumentales (complémentaires). Cet article réalise une analyse fonctionnelle de ces techniques manuelles afin de pouvoir définir des recommandations adaptées : en effet, les recommandations actuelles sont peu précises et comportent quelques confusions.


Analyse fonctionnelle

On retrouve quatre modes ventilatoires : inspirations et expirations, lentes et forcées. On peut les identifier sur un spirogramme et sur une courbe débit/volume. Il existe un modèle mono-alvéolaire du poumon dérivé du modèle de Weibel (modèle simplifié des phénomènes respiratoires). Le flux va dépendre de l'étage : turbulent dans les voies aériennes proximales, laminaire dans les bronches moyennes et quasi-absence de flux en périphérie.



Voici l'effet des quatre modes ventilatoires sur la clairance des sécrétions :

  • Techniques expiratoires forcées : FET (Forced Expiration Technique), TP (Toux Provoquée), TD (Toux Dirigée), AFE (Accélération Flux Expiratoire). Leur lieu d'action est sur les voies aériennes proximales (4-5 premières générations). Elles prennent le relais des techniques expiratoires lentes qui font remonter les sécrétions vers les conduits bronchiques proximaux

  • Techniques expiratoires lentes : ELTGOL (Expiration Lente Totale Glotte Ouverte en infraLatéral), ELPr (Expiration Lente Prolongée), DA (Drainage Autogène). Leur action se fait sur les bronches moyennes jusqu'aux 8-10èmes générations

  • Techniques inspiratoires forcées : DRR (Désobstruction Rhinopharyngée Rétrograde) et reniflement actif, favorisent le désencombrement des voies aériennes extra-thoraciques et naso-pharyngées

  • Techniques inspiratoires lentes : SI (Spirométrie Incitative), EDIC (Exercice à Débit Inspiratoire Contrôlé), RIM (Resistive Inspiratory Maneuver), efficaces au delà de la 10ème génération


Il existe également des valeurs de flux intermédiaires qui ont quelques variantes d'application.


Techniques de kinésithérapie et mécanismes de défense du poumon

Ces techniques sont les techniques principales appliquées en kinésithérapie : les techniques instrumentales sont considérées comme adjuvantes (sauf pour les pathologies neuromusculaires où elles vont jouer un rôle essentiel). La fonction ventilatoire est la seule à être en contact direct avec l'environnement de manière constante (inhalation d'aérocontaminants). A partir de la 7ème génération l'arbre aérien est stérile grâce à différents systèmes et éléments de défense. Il existe de nombreux processus ventilatoires innés : tousser, soupirer, renifler, expirer les lèvres pincées ou gémir. Un encombrement survient quand ces processus de défense sont "débordés", dans quatre circonstances :

  • Le volume des sécrétions est trop important

  • Les sécrétions sont adhérentes (altération des propriétés rhéologiques)

  • Altération de la fonction ciliaire

  • L'effecteur musculaire est incompétent

La kinésithérapie sera alors nécessaire, et ses techniques seront une reproduction des processus innés : il est important de connaitre leurs effets physiologiques et mécaniques.



Conclusion

Les techniques respiratoires kinésithérapiques sont appliquées aux quatre modes ventilatoires (inspirations et expirations lentes et forcées) et reproduisent des évènements naturels. La kinésithérapie est efficace sur les atteinte réversibles (sécrétions inflammatoires). Il existe des traitements médicamenteux spécifiques aux atteintes structurales (inflammation chronique par exemple).

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