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Arthro-distension pour capsulite rétractile de l’épaule : association à la kinésithérapie

Titre original : A. Ferenczi, J. Beaudreuil. Arthro-distension pour capsulite rétractile de l’épaule. Exemple d’une procédure associée à la rééducation. Revue du rhumatisme monographies 87 (2020) 222–224


Auteur : Laëtitia Rachel Sellem Formatrice INFMP – www.infmp.fr



Introduction

L’arthro-distension est utilisée dans le traitement de la capsulite rétractile (phase raide et douloureuse, en cas d’insuffisance d’une ou deux infiltrations gléno-humérales). Ses objectifs sont l’expansion et la rupture de la capsule. On réalise une anesthésie locale, puis une injection sous pression d’air ou de liquide et souvent d’un corticoïde, sous repérage clinique, échographique ou radioscopique. On réalise une évaluation clinique initiale (douleur et amplitudes actives/passives de l’épaule) et elle est suivie par une mobilisation post-interventionnelle immédiate par un kinésithérapeute.


Modalités techniques sous contrôle scopique

Méthode d’injection

Le patient est placé en décubitus dorsal, bras le long du corps, paume vers le haut (si possible). Une asepsie de la peau est réalisée, puis une anesthésie des plans sous-cutanés. Le point de ponction se situe à l’union du tiers moyen et du tiers inférieur, 2 mm en dehors de la ligne de projection cutanée de l’interligne gléno-humérale. L’aiguille est positionnée verticalement dans la partie antérieure de l’articulation, sous contrôle fluoroscopique : un produit de contraste est injecté (4mL). Puis on injecte de la lidocaïne (5mL). On considère que le volume capsulaire correspond au volume de liquide injecté au moment de la première résistance perçue : s’il est inférieur à 12mL, c’est le signe d’une capsulite rétractile. On injecte ensuite 1 à 3 mL de dérivé cortisonique. Puis sous pression, on réalise une injection de sérum physiologique stérile glacé (jusqu’à 19 mL).


Mobilisations post-distension

Le kinésithérapeute doit réaliser une séance de mobilisation dans les 30 minutes suivant l’arthro-distension (effet de l’anesthésie toujours présent). La séance va se composer de 10 minutes de mobilisations passives, 10 minutes de mobilisations actives, 5 minutes de mobilisations globales en auto-rééducation et 5 minutes de massages.

Puis, on réalise une rééducation kinésithérapique intensive : on réalise une mobilisation passive du membre supérieur à l’aide d’un arthromoteur (1h) ; repos pendant 2 heure ; nouvelle séance de kinésithérapie de 30 minutes ; 1 heure d’arthromoteur. Durant les 4 jours suivants le patient est traité deux fois par jour (30 minutes de mobilisations et 1h d’arthromoteur à chaque séance). A partir de la 4ème séance on peut commencer un travail fonctionnel du membre supérieur. Un traitement antalgique est toujours couplé aux séances de rééducation.

Résultats – conclusion

On ne sait pas si l’effet de l’arthro-distension est dû à son effet mécanique : en effet, elle a montré son efficacité couplée à une injection cortisonique comparativement à une arthro-distension seule (jusqu’à 16 semaines sur la mobilité et la fonction). La kinésithérapie suivant la technique a prouvé son efficacité jusqu’à 6 mois. Combinée à une arthro-distension avec injection de cortisone, elle a une efficacité supérieure à une rééducation seule (douleur et amplitudes en abductions/rotation externe et interne d’épaule) dès 5ème jour. Le gain en rotation externe était plus important à J30 chez les patients avec rupture capsulaire.

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